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Comment répartir son patrimoine entre plusieurs pays quand on vit à l'étranger

14 oct.
6 min de lecture

Quand on vit à l'étranger, la question finit toujours par arriver : où placer son argent ? La plupart des expatriés y répondent en copiant — le collègue qui a investi sur place, le frère qui a acheté en France, l'ami qui ne jure que par la bourse. Souvent de bons choix. Rarement adaptés à celui qui les copie : un contrat local à Dubaï et une mission d'expatriation à Kuala Lumpur n'appellent pas la même stratégie — parfois même pas le même pays.

Répartir son patrimoine entre plusieurs pays porte un nom : la diversification géographique. Quand tout va bien, elle ne se voit pas. C'est quand une crise éclate quelque part qu'elle décide de ce qui reste.



Kimberley Rulfo-Pamart, passée par le conseil en gestion de patrimoine à Dubaï et aujourd'hui installée à Kuala Lumpur, répond à ces questions dans cet épisode de Nomadiq.



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Ce que tu vas comprendre dans cet épisode

  • Ce que ton type de contrat — local ou expatrié — change concrètement dans ta façon d'épargner

  • Ce que veut dire concrètement « diversifier géographiquement » son patrimoine — et ce que ça n'est pas

  • Pourquoi la diversification géographique ne se voit pas quand tout va bien, et devient décisive en cas de crise

  • Comment raisonner quand on vit dans un pays instable : ce qu'on garde sur place, ce qu'on sort

  • Comment le taux de change peut diviser la valeur d'un bien par deux — et comment décider s'il vaut mieux transférer son argent ou le laisser travailler sur place

  • Par où commencer, selon la taille de ton patrimoine et ton moment de vie




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Contrat local ou contrat d'expatrié : qu'est-ce que ça change pour ton épargne ?

Tout part du contrat. Un contrat local, c'est une embauche directe sous les règles du pays où on travaille — à Dubaï, où Kimberley a exercé, c'est devenu la norme. Plus de cotisation retraite française. Plus de chômage. L'épargne mensuelle permet alors de construire sa propre protection sociale.

Le contrat d'expatrié, c'est l'inverse. Une entreprise française envoie en mission deux à cinq ans — le cas classique à Kuala Lumpur. Selon le montage (détachement, package d'expatriation), les cotisations françaises et certains avantages peuvent être maintenus, et le retour est quasi programmé.

Deux collègues, même salaire, deux villes : ni les mêmes contraintes, ni le même horizon, ni la même urgence d'épargner. C'est pour ça que le placement « génial » du cousin resté en France peut être une excellente idée — pour lui. Kimberley l'entend toutes les semaines : « mon frère a fait ça, mon collègue a fait ça ». Souvent de bons placements. Rarement adaptés à la personne qui en parle. La première question n'est jamais « où placer ? », mais « quel contrat, quel horizon, quel objectif ? ».


La diversification géographique, c'est quoi concrètement ?

La diversification géographique c'est répartir son patrimoine dans des zones du monde qui ne réagiront pas de la même façon en cas de crise. À ne pas confondre avec la diversification sectorielle, qui répartit entre plusieurs types d'actifs — immobilier, actions, obligations, liquidités.

Kimberley explique que posséder des actions françaises, des obligations françaises, un appartement en France, c'est diversifié sectoriellement son patrimoine. Géographiquement, pas du tout. S'il y avait demain une crise en France, tous les actifs seraient impactés en même temps.

Le mot technique, c'est la décorrélation : faire en sorte que le patrimoine ne bouge pas d'un seul bloc quand un événement frappe une zone. Quand tout va bien, ça ne se voit pas mais quand un conflit éclate ou qu'une décision douanière secoue les marchés — l'Ukraine, le Moyen-Orient, les droits de douane américains — que la répartition géographique permet d'absorber les chocs d'une zone à l'autre. Concrètement, es loyers perçus à Dubaï ne s'effondrent pas parce que la Bourse de Paris baisse.

Est-ce qu'on doit forcément avoir du patrimoine partout? Dans la clientèle de Kimberley, personne ne place son argent dans plus de trois ou quatre pays.


Que faire de son épargne quand on vit dans un pays instable ?

Si on vit dans un pays instable, il faut sortir régulièrement l'épargne accumulée. C'est la règle de Kimberley pour les pays instables, même quand la démarche est un casse-tête. La raison tient en une phrase : quand l'instabilité s'installe, il est trop tard pour organiser quoi que ce soit.

Concrètement ? Garder sur place la trésorerie du quotidien — loyer, courses, une voiture, une hospitalisation — et construire le reste ailleurs, dans une devise plus solide. C'est le conseil qu'elle a donné à une cliente installée en Birmanie.


Comment gérer le risque de change quand on investit à l'étranger ?

La première règle est de raisonner dans la devise où on va réellement vivre et dépenser. Certaines monnaies sont stables— le dirham des Émirats suit le dollar par exemple — ce qui limite les à-coups. Pas de patrimoine divisé par deux du seul fait de la devise, même si des restrictions peuvent temporairement bloquer 10 à 20 % d'un transfert. Un expatrié payé en dollars, des loyers en dirhams, une mutation à Hong Kong ?L'impact de la fluctuation des taux de change est inexistant.

La vraie question arrive au moment de déplacer l'argent. Transférer maintenant en perdant 5 à 6 % à cause de la variation du taux change, ou attendre ? Kimberley le calcule froidement : si la somme peut générer 10 à 12 % ailleurs dans l'année, le transfert reste gagnant. Si rien ne presse, la laisser travailler sur place — dépôts à terme, obligations d'État, l'équivalent local d'un livret à 2, 3 ou 4 % — et guetter un meilleur taux.

Un patrimoine équilibré donne exactement ce luxe : le temps de choisir son moment.


Faut-il investir dans son pays d'accueil ?

Vivre dans une ville et bien la connaitre ne veut pas forcément dire que c'est un bon marché dans lequel investir. A Kuala Lumpur, par exemple, les tours sont aussi belles que celles de Dubaï, piscines et salles de sport comprises, mais coutent deux à trois fois moins cher : 200 000 à 300 000 euros l'appartement qui en coûterait 500 000 ou un million aux Émirats. Le piège ? Les loyers sont très bas eux aussi. La marge de progression est quasi nulle : le centre-ville est construit, et la politique d'emploi malaisienne — priorité aux salariés locaux, salaires contenus — maintient mécaniquement des prix accessibles. Beau ne veut pas dire rentable.

L'inverse existe aussi. À Dubaï, le marché est haut mais reste attractif pour beaucoup d'investisseur en immobilier. L'épisode rappelle qu'un marché immobilier se juge à un instant donné et que la situation peut amener à évoluer en fonction des événements géopolitiques.

La proximité reste un vrai atout : vivre quelque part permet de comparer soi-même loyers et prix au mètre carré, de repérer les quartiers qui bougent. Vivre à l'étranger peut donner accès à de véritables opportunités qu'on aurait peut-être jamais eu l'occasion de trouver en restant en France.


Par où commencer pour diversifier son patrimoine ?

Ça dépend du montant de ton patrimoine. Si tu possèdes moins d'un million d'euros, et que tout est concentré en France ? Rien de dramatique, selon Kimberley. La priorité, c'est la diversification sectorielle : un peu d'immobilier, des liquidités, un compte-titres.. C'est la priorité et ça se met en place seul, ou avec son banquier.

Au-delà de plusieurs centaines de milliers d'euros concentrés dans un seul pays, trois questions tranchent:

  • Quel timing ? Déplacer des capitaux à l'approche des études des enfants peut être le pire moment.

  • Où investir?

  • Et quelle montant est-on prêt à placer à des milliers de kilomètres en continuant à dormir tranquille


Une fois ces réponses posées, ouvrir des discussions avec plusieurs professionnels, écouter plusieurs propositions et comparer les options avant de choisir.


On a également abordé le sujet de l'investissement immobilier en France, pour retrouver toutes les ressources sur ce sujet, tu peux consulter le guide sur l'investissement immobilier en France.


Citation de l'épisode

La diversification géographique, c'est le fait de répartir son patrimoine dans des zones du monde qui ne vont pas réagir de la même façon en cas de crise, en cas de décision géopolitique.

À propos de l'invitée

Kimberley Rulfo-Pamart] a conseillé pendant plusieurs années les expatriés francophones de Dubaï. Installée aujourd'hui à Kuala Lumpur, elle accompagne investisseurs privés, family offices et conseillers en gestion de patrimoine sur la diversification internationale, avec une spécialité sur l'immobilier en Asie du Sud-Est.

Pour contacter Kimberley : Kimberley Rulfo-Pamart | LinkedIn





🛑 Disclaimer : Les informations partagées dans cet épisode sont fournies à titre pédagogique et général. Elles ne constituent pas un conseil personnalisé. Chaque situation dépend du pays concerné et du parcours individuel ; il est recommandé de consulter les organismes compétents avant toute décision.

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