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Perte d'emploi ou maladie à l'étranger : combien d'argent il te faut pour maintenir ton niveau de vie, et comment le constituer ?

4 sept.
5 min de lecture

Elisabeth Zambelis — fondatrice de Nomadiq, spécialiste de la gestion de patrimoine à l'international. Expatriée depuis 2009.

Mis à jour le 4 septembre 2026 · Lecture : 8 min




Un matin, ton médecin te dit que tu ne travailleras pas pendant plusieurs mois. Ou ton employeur t'annonce que le poste est supprimé et que ton visa expire dans soixante jours. Ou c'est ton conjoint qui s'effondre, et le foyer ne vivait que sur son salaire.

Dans la plupart des pays hors Union européenne, les revenus s'arrêtent le jour même. Les frais fixes, eux, continuent : l'école des enfants, l'assurance santé, le loyer. Les premiers mois, c'est ton épargne de précaution qui paie. Ensuite, si tu en as un, ton contrat de prévoyance te verse une partie de ton salaire, pendant un temps limité. Et si ça dure plus longtemps, il reste ce que ton argent rapporte.

Cette page sert à calculer combien tu as vraiment besoin de générer chaque mois pour maintenir ton niveau de vie, combien de capital investi ça représente, combien placer chaque mois pour y arriver, et comment t'assurer que ces revenus tiennent sur le long terme.


Étape 1 : combien tu dois générer par mois pour maintenir ton niveau de vie?

Ce montant ne représente pas forcément la totalité de tes dépenses. Si tu ne travailles plus, certaines baissent ou disparaissent : les transports, les sorties, parfois les voyages. D'autres ne bougent pas : le loyer, l'école, l'assurance santé.


Et une partie est peut-être déjà couverte par plusieurs choses :

  • Si ton conjoint travaille, son salaire peut prendre en charge la moitié des dépenses, ou une autre part selon vos revenus.

  • Si tu as un contrat de prévoyance, il te versera une partie de ton salaire pendant un temps : tu peux le déduire aussi.

  • Et si tu as déjà des placements qui te rapportent, un appartement loué en France, des dividendes, ce revenu compte.


Coche les dépenses que tu veux continuer à payer sans travailler, puis enlève ce qui est déjà couvert :



Étape 2 : combien de capital investi ça représente

Prenons une famille à qui il manque 3 000 € par mois une fois enlevé ce qui est déjà couvert. Sur une année, ça fait 36 000 €. La question devient : quel capital faut-il pour qu'il verse 36 000 € par an, sans jamais s'épuiser ?


Pour répondre à cette question, on compte qu'un capital bien placé rapporte 4 % par an. Pourquoi 4 % ? Un capital diversifié rapporte en moyenne autour de 7 % par an sur longue période, mais ce n'est pas un chiffre garanti tous les ans. Tu auras de très bonnes années et des années plus mauvaises.


Si tu ne prends que 4 %, le reste sert à compenser l'inflation et les mauvaises années, et le capital reste entier. À 4 %, il faut donc 900 000 € placés pour que cette famille touche ses 36 000 € par an.


C'est un gros chiffre, et c'est pour ça que l'étape 1 compte : chaque dépense que tu décoches, chaque euro déjà couvert par ton conjoint, ta prévoyance ou tes placements actuels, fait baisser ce capital.


Étape 3 : combien placer chaque mois pour y arriver

Ce capital, tu ne l'as sans doute pas aujourd'hui. Il se construit avec des versements réguliers, placés sur le long terme, dont les gains produisent eux-mêmes des gains. Ce qui compte le plus, c'est le temps devant toi : avec trente ans, le versement mensuel reste raisonnable ; avec vingt ans, il fait plus que doubler. Rien là-dedans n'oblige à avoir commencé à 25 ans : il faut commencer au moment où tu peux le faire sans te mettre en danger.

Ce que tu as déjà placé compte aussi : une épargne investie en bourse depuis l'étranger, une assurance-vie, un capital retraite accessible avant la retraite. Le simulateur en tient compte.



Ce que le calcul ne prend pas en compte

  • La fiscalité. Tous les chiffres sont avant impôts. Selon ton pays de résidence et le pays où le capital est placé, les revenus qu'il verse peuvent être imposés une fois, deux fois, ou pas du tout. Un capital qui rapporte 4 % avant impôts peut n'en rapporter que 3 % après. Pour le prendre en compte, tu peux baisser le taux de rendement dans l'étape 2 : c'est le chiffre qui pèse le plus.

  • L'inflation. Le calcul suppose que la différence entre les 7 % de rendement et les 4 % prélevés suffit à ce que le capital, et donc le revenu qu'il verse, suivent la hausse des prix. Dans un pays où l'inflation est très supérieure à celle de la zone euro, ce n'est plus vrai : il faut prélever moins, ou viser un capital plus élevé, ou garder le capital en euros et ne convertir que ce dont tu as besoin.

  • La durée de ce que d'autres paient. Le salaire du conjoint peut baisser lui aussi. Un contrat de prévoyance verse pendant une durée limitée, après un délai d'attente. Le calcul suppose que ce que tu as déduit à l'étape 1 dure aussi longtemps que le besoin.


Comment s'assurer que ces revenus tiennent sur le long terme ?

Trois choses :

  1. Un capital diversifié, actions et obligations sur des marchés diversifiés, avec des frais bas : un capital concentré sur un seul bien, un seul pays ou une seule devise peut rapporter beaucoup une année et rien la suivante.

  2. Un prélèvement qui ne dépasse pas ce que le capital produit : le jour où tu prends plus que 4 %, tu consommes le capital et il ne dure plus. Et une revue chaque année : les dépenses changent, les enfants quittent l'école, le pays change ; le chiffre de l'étape 1 aussi.

  3. Ce capital rejoint souvent le même chantier que la préparation de la retraite quand on vit à l'étranger : un capital placé librement sert aux deux.




Questions fréquentes

Est-ce que je dois vendre mon appartement en France pour constituer ce capital ?

Pas forcément. Un bien loué produit déjà un revenu : c'est ce revenu net, après charges, impôts, qui compte dans le calcul, pas la valeur du bien. Un bien que tu habites ne produit rien tant que tu y vis. La question à te poser est plutôt : est-ce que ce bien me verse quelque chose chaque mois, et combien ?

Ça dépend de ta situation personnelle d'abord : tu as prévu de revenir en France ou de rester dans ton pays de résidence? Ensuite, les points les plus importants sont la fiscalité de ton pays de résidence, de la convention fiscale avec la France, et de la stabilité de la monnaie locale. Un capital placé dans un pays à monnaie instable perd de la valeur en euros même quand il rapporte en monnaie locale. C'est le sujet de l'article sur l'investissement en bourse depuis l'étranger, et de ce qu'on regarde en session.

Seulement si tu peux en sortir avant la retraite. Un plan bloqué jusqu'à l'âge de départ ne sert à rien à 45 ans en cas d'arrêt. Un PER ouvert en France peut être conservé par un non-résident, mais les versements après le départ ne donnent plus d'avantage fiscal, et la sortie peut être imposée dans ton pays de résidence.

Demande le contrat, pas le résumé. Trois choses à lire : le pourcentage du salaire versé et à partir de quel jour, la durée maximale de versement, et ce qui se passe si le contrat de travail s'arrête pendant l'arrêt. Beaucoup de couvertures employeur s'arrêtent avec le contrat de travail, y compris quand c'est l'employeur qui y met fin.


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